de Pijac Canada


La Voix – Éte 2008 – PIJAC Canada
La lutte pour sauvegarder la garde d’animaux exotiques

Depuis plus d’un an, le débat sur le droit de garder un animal de compagnie exotique semble avoir repris de plus belle. Il tourne autour de questions portant sur les préoccupations environnementales et la santé publique, visant des espèces d’animaux de compagnie bien établies, quoique moins traditionnelles. Ces questions importantes doivent être examinées à la lumière des faits et de la science.

Depuis 1997, lorsque PIJAC Canada a établi sa Politique concernant la garde d’espèces exotiques, nous nous sommes grandement efforcés de rétablir les faits en sensibilisant le public, les entreprises et le gouvernement à la réalité de la garde d’animaux de compagnie exotiques. Notre politique recommande une liste d’espèces dont la garde par des particuliers devrait être interdite, excluant par le fait même de cette liste, plusieurs espèces qui, de l’avis de PIJAC font d’excellents animaux de compagnie.

En tant que membre de l’industrie, il est important d’être bien informé. Voici quelques arguments souvent utilisés pour promouvoir l’interdiction de garder d’animaux de compagnie exotiques, suivi de la réplique utilisée par PIJAC Canada.

Le commerce des animaux de compagnie exotiques décime les populations sauvages : Vu les lois existantes à l’étranger (Wild Bird Act aux États-Unis) et au Canada (Loi sur la protection d'espèces animales ou végétales sauvages et la réglementation de leur commerce international et interprovincial - WAPPRIITA) et la disponibilité sans cesse grandissante de spécimens issus de programmes d’élevage en captivité, cet argument est difficile à appuyer. Dans le contexte actuel, la destruction de l’habitat provoquée par la coupe du bois, l’agriculture et l’envahissement humain représente la principale cause du déclin des populations animales sauvages. En contre partie, ces protocoles fructueux de reproduction, souvent établis par les petits éleveurs, nous permettent d’espérer la préservation de nombreuses espèces en voie de disparition ou menacées.

Les animaux exotiques peuvent transmettre des maladies pouvant être dangereuses pour les humains : L’information fournie par le Center for Disease Control révèle que les animaux moins traditionnels ne posent pas plus de risque pour la santé et la sécurité publiques que les chiens et les chats. Depuis quelques décennies, des progrès incroyables ont réussi à augmenter la disponibilité d’animaux reproduits en captivité, offrant aux propriétaires potentiels, des animaux en meilleure santé et plus sociables. De plus, PIJAC Canada partage l’avis du CDC, de l’ASPC et de l’OMS selon lesquels il est plus efficace de prévenir les zoonoses par l’éducation que par l’interdiction.

Les propriétaires d’animaux de compagnie exotiques ne savent pas s’occuper correctement de leurs animaux : Il n’y a jamais eu autant d’information disponible sur la garde et l’élevage d’animaux de compagnie exotiques. On peut en dire autant de l’appui fourni par les groupes bien établis d’amateurs spécialisés établis et de vétérinaires spécialisés dans la médecine pour espèces exotiques.

Un autre point important venant appuyer la qualité de la garde et de l’élevage, c’est la hausse observée dans les taux de réussite. Pour plusieurs espèces de reptiles et d’oiseaux de compagnie, un bon protocole de soins et de garde joue un rôle déterminant dans le succès de ces élevages.

À en juger par le nombre de chiens et de chats abandonnés qui se retrouvent dans les refuges pour animaux, on pourrait également appliquer cet énoncé aux chiens est aux chats; or, personne ne l’utilise pour en interdire leur garde. L’éducation demeure la clé.

L’intérêt croissant pour les animaux exotiques entraîne une augmentation de la contrebande d’animaux sauvages : Compte tenu des arguments déjà présentés pour réfuter l’affirmation que la demande d’animaux exotiques décime les populations sauvages, ce commentaire ne semble pas être fondé. PIJAC Canada maintient une bonne relation de travail avec Environnement Canada et le Service canadien de la faune. Cette question n’a jamais été soulevée lors de nos discussions portant sur l’industrie canadienne des animaux de compagnie.

Un nombre croissant d’animaux exotiques sont perdus ou abandonnés : Les refuges sont pleins de chiens et de chats abandonnés; pourtant personne n’exerce des pressions pour en interdire leur garde. La solution, c’est l’ÉDUCATION. La garde responsable des animaux de compagnie est la clé. Il faut donc fournir l’information nécessaire sur les bonnes techniques de garde et d’élevage à tous ceux qui peuvent en bénéficier. PIJAC Canada, par exemple, offre des programmes de formation ciblant les différents types d’animaux de compagnie offerts actuellement dans l’industrie. Imaginez ce qui arriverait si, par un effort concerté de toutes les parties concernées, cette information était promue et échangée de façon générale.

Le débat sur la garde d’espèces exotique n’est pas sur le point de disparaître. L’article de la rubrique À travers le pays de ce numéro fait mention de trois exercices législatifs sur les animaux exotiques auxquels participe PIJAC Canada, et d’autres pointent à l’horizon. PIJAC Canada a fait ses preuves comme source d’information crédible sur la garde des animaux de compagnie (exotiques ou non) et a toujours bien collaboré avec les organismes gouvernementaux, les ONG et les services d’application de la loi. À mesure que cette question continuera de se développer, nous continuerons à présenter une approche basée sur la science et sur les faits. De nombreux facteurs contribuent à l’intérêt croissant pour ces types d’animaux de compagnie. À titre de partenaires responsables de notre industrie, nous devons continuer à offrir des animaux de qualité et de la bonne information aux propriétaires présents et futurs. Seulement de cette manière pouvons-nous espérer remporter la bataille.